Le Laboratoire #001
Sur les jobs de robot, les systèmes qui battent la volonté et un silence de deux semaines
Salut tout le monde!
Bienvenue dans cette première édition du Laboratoire.
Vous êtes mes premiers lecteurs et je ne veux pas trahir la confiance que vous me donnez en lisant ce premier post.
Je vous remercie de votre temps et de votre attention.
Voici 1 idée, 1 citation et 1 question pour ces deux prochaines semaines.
Bonne lecture.
1 Idée qui mijote dans ma tête
On répète depuis deux ans que l’AI va remplacer du monde. Je pense que c’est mal poser la question.
La vraie question, c’est : quelles parties de votre travail sont robotiques, et quelles parties demandent un humain?
Compter des pilules, c’est une job de robot. Vérifier qu’un dosage tombe dans la fourchette d’une monographie, c’est une job de robot. Sortir un sommaire de notes cliniques, c’est une job de robot.
Pour ces tâches-là, le robot fait mieux que l’humain. Pas par intelligence. Par constance. Il a la même journée, tous les jours.
Trouver que la fatigue de quelqu’un vient de son médicament, c’est une job d’humain. Reconnaître qu’une mère est épuisée avant qu’elle le dise elle-même, c’est une job d’humain. Tenir la conversation avec un patient qui a peur, c’est une job d’humain.
Dans un flux de travail, les tâches robotiques peuvent être accélérées par l’AI. Surtout quand elles sont en amont. L’humain arrive après, sur ce que le robot lui a préparé. Plus rapidement, et avec plus de matière à travailler.
Dans la plupart des organisations, des humains passent leur journée sur des tâches de robot. Pas par paresse. Par habitude organisationnelle. C’est gaspiller deux choses en même temps. Leur compétence. La possibilité qu’ils découvrent ce qui les allume vraiment.
L’AI bien utilisée n’est pas une menace pour eux. C’est une chance de leur ouvrir les morceaux de leur métier qui demandent un humain. Souvent ce sont des morceaux qu’ils n’ont jamais eu le temps de tester.
La plupart d’entre eux préfèrent ça, je pense.
1 Citation qui me trotte dans la tête
“You do not rise to the level of your goals. You fall to the level of your systems.”
James Clear, Atomic Habits.
Cette phrase me trotte dans la tête parce que je la vois partout en pharmacie. Le pharmacien qui veut être plus discipliné. L’équipe qui veut mieux communiquer. Le propriétaire qui veut moins travailler les soirs. La volonté tient trois semaines. L’architecture autour tient des années.
Quand un truc ne tient pas dans ma vie, je sais maintenant qu’il faut chercher du côté du système, pas de la volonté. Mes meilleurs systèmes, je les ai construits les semaines où j’avais le moins de discipline.
1 Question qui me fait réfléchir
Voici un test que j’ai fait plusieurs fois.
À chaque fois, j’apprends quelque chose qui ne me plaît pas tout de suite.
Si vous arrêtez de répondre aux questions de votre équipe pendant deux semaines, est-ce que votre pharmacie tourne mieux ou moins bien?
Pas de bonne réponse à donner tout de suite. Si elle roule mieux sans vous, c’est signe que vous avez bien fait votre travail. Ou qu’il faut envisager qu’on fasse partie du problème.
Je vous laisse avec ça.
À dans deux semaines,
Alex
Pharmacien-propriétaire
Pharmacie Alexandre Ung

