Le Laboratoire #005
L'amnésie de l'AI, le savoir qui s'évanouit et une question qu'on devrait se poser à la deuxième répétition d'un même tâche.
Bienvenue à cette cinquième édition du Laboratoire !
Cette semaine, on parle d’AI. Plus précisément, de pourquoi votre AI recommence à zéro chaque fois, et de ce qui lui donne une mémoire.
Voici 1 idée, 1 citation et 1 question pour ces deux prochaines semaines.
Bonne lecture.
1 Idée qui mijote dans ma tête
L’AI, c’est comme le personnage du film Memento de Christopher Nolan.
Elle se réveille compétente. Elle sait raisonner. Elle sait écrire.
Elle est aussi complètement amnésique.
Elle ne sait pas qui elle est. Elle ne sait pas où elle en est. Elle ne sait pas ce qu’elle a à faire.
Le personnage dans Memento se laisse des polaroids et des notes pour se rappeler. L’AI a besoin de la même chose. Elle a besoin d’instructions de démarrage. Il lui faut du contexte. Elle doit avoir accès à une mémoire externe.
Dans ma pharmacie, mon Second Brain est ce système de polaroids. Sans elle, mon AI est une amnésique brillante. Avec elle, elle a accès à des années d’expérience. Chaque procédure de laboratoire est un polaroid qu’elle consulte pour se rappeler qui elle est et quoi faire. Chaque règle interne joue le même rôle.
Le déclic date de mars 2026. Tout mon travail de documentation des derniers mois, je pensais que c’était de la paperasse. En fait je construisais la mémoire de mes futurs agents sans le savoir.
Un polaroid devient obsolète si on ne le met pas à jour.
Une AI réglée en mars qui tourne en juin avec les mêmes instructions ignore tout ce qui a changé. Un fournisseur qui n’est plus là n’existe plus dans sa mémoire. Un employé qui est parti continue d’apparaître dans ses recommandations. Une procédure modifiée reste figée dans sa version d’origine.
Sa performance se dégrade en silence.
Vous ne le voyez pas tout de suite. Les réponses deviennent un peu moins précises, les recommandations un peu moins collées à votre réalité. Vous continuez à lui faire confiance, et vous ne savez pas qu’elle travaille avec une photo de votre pharmacie qui date de trois mois.
La solution, c’est un système vivant. Ce n’est pas un document PDF qu’on range dans un tiroir et qu’on oublie. Un prompt copié-collé une fois pour ne plus jamais y toucher ne vaut pas mieux. C’est une mémoire que les humains et l’AI mettent à jour en continu.
Il reste un puzzle à résoudre : le faire légalement.
La Loi 25 est ce puzzle. Elle exige que vous sachiez où sont vos données, qui y a accès et comment elles sont protégées. Vous pouvez documenter votre pharmacie, mais pas n’importe comment. Pour que votre AI consulte ces informations sans que vous perdiez le contrôle sur vos données, la conformité n’est pas optionnelle. C’est la condition.
La mémoire n’est pas un luxe. C’est ce qui sépare un outil gadget d’un vrai levier pour votre pratique.
1 Citation qui me trotte dans la tête
“Knowledge has to be improved, challenged, and increased constantly, or it vanishes.”
“Le savoir doit être amélioré, remis en question et accru constamment, sinon il s’évanouit.”
Peter Drucker.
Drucker parle du savoir humain, mais le principe s’applique mot pour mot à la mémoire de votre AI. Un polaroid qu’on ne rafraîchit pas s’efface. Une mémoire qu’on n’entretient pas se dégrade en silence.
1 Question qui me fait réfléchir
Qu’est-ce que vous répétez à votre AI chaque semaine, et qui mériterait d’être écrit dans sa mémoire ?
Je vous laisse avec ça.
Si vous n’avez pas encore votre Master Prompt, j’ai construit un outil gratuit pour vous aider à le générer. C’est le premier polaroid que votre AI consulte pour savoir qui elle est.
alexandreung.com
À dans deux semaines,
Alex

